L’ONEA et sept communes renouvellent leur partenariat

L’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) et sept communes du Burkina Faso ont renégocié et re-resigné, le vendredi 5 février 2016 à Ouagadougou, les contrats d’affermage qui les lient depuis dix ans. Ainsi, jusqu’en 2021, la nationale des eaux s’engage à nouveau à la gestion du service d’eau pour le compte de ces collectivités.
Le partenariat dure depuis dix ans et les différentes parties s’engagent de nouveau à le poursuivre les cinq années à venir. Sept communes du Burkina Faso (Bittou, Diapaga, Diébougou, Gayéri, Toma, Zorgho et Houndé) ont, en effet, à l’issue de deux jours de travaux (les 4 et 5 février 2016) négocié et signé de nouveaux contrats d’affermage avec l’ONEA jusqu’en 2021 pour la fourniture d’eau potable à leur population respective. Le document corrigé complété et validé a été signé par les deux parties ce 5 février 2016 à Ouagadougou. Alors, qu’est-ce qu’un contrat d’affermage ? C’est un mode de gestion déléguée du service de l’eau dans lequel les investissements initiaux ont été effectués par la collectivité locale ou des partenaires financiers. En clair, l’ONEA s’engage à gérer le service d’eau pour le compte de ces sept communes. Cette signature du contrat d’affermage, dite de « 3e génération », est la 3e du genre entre les deux partenaires.

Il faut noter que le processus de communalisation intégrale enclenché en 2006 au Burkina Faso a été suivi du transfert de compétences aux communes, notamment dans le domaine de l’eau et de l’assainissement. Très vite, des collectivités ont rencontré des difficultés dans l’exploitation des réseaux d’adduction d’eau potable. « Sans l’accompagnement de l’ONEA, les communes ne seraient pas en mesure d’assurer aux populations la distribution d’eau potable », a reconnu le président de la délégation spéciale communale de Gayéri, Lucien Kinda. Selon lui, bien que les ouvrages et les investissements soient effectués et appartiennent aux communes, elles ne seraient pas en mesure de les entretenir et d’assurer leur pérennité dans la distribution de l’eau. « Il est donc nécessaire que nous fassions appel à des structures beaucoup plus aguerries sur ces questions pour nous permettre de façon durable et pérenne, de disposer de la ressource en quantité et en qualité », a justifié Lucien Kinda.

Des contraintes à lever

Comment s’effectue la répartition des ressources liées à la vente de l’eau ? Pour le président de la délégation spéciale de la commune de Gayéri, l’argent est utilisé pour amortir les charges liées à la distribution de l’eau, les investissements ainsi qu’à l’appui à la maîtrise d’ouvrage communal. « L’ONEA a accepté de ne pas être rémunéré pour ses prestations, mais s’est engagé à couvrir obligatoirement les charges directes d’exploitation », a précisé le directeur général de l’ONEA, Hamado Ouédraogo, lors de la cérémonie de signature. L’objectif de sa structure, a-t-il ajouté, est de permettre progressivement aux communes, « d’exercer leurs compétences, leurs rôles et leurs responsabilités de maître d’ouvrage » dans le secteur de l’eau et de l’assainissement.

Ces 3es contrats d’affermage qui viennent d’être signés ont pris en compte quelques contraintes relevées lors de l’exécution des deux premiers. « C’est nous qui sommes au devant, mais les investissements appartiennent aux communes. Elles ne doivent donc pas nous donner carte blanche. Elles doivent nous contrôler », a déclaré le DG de l’ONEA. Comme autres difficultés, le président de l’Association des municipalités du Burkina, Damien Gampiné, a noté les délais des comptes rendus techniques et financiers, la concertation autour des décisions d’investissement, le versement des frais d’appui à la maîtrise d’ouvrage et l’approvisionnement du fonds d’investissement. « Je ne doute pas que l’oreille attentive que votre fermier vous a toujours prêtée ne vous ferra pas défaut au cours de la mise en œuvre du nouveau contrat 2016-2021 en faisant de sorte que ces contraintes soient amoindries si non définitivement levées », a-t-il conclu.

Article écrit par Sié Simplice HIEN et publié dans le numéro 8096 du quotidien d’information  SIDWAYA du mardi 09 février 2016, dans la rubrique Environnement et Développement (page 11)