Déficit en eau en période de chaleur : l’ONEA explique les comportements à observer

Pendant la période chaude allant de mars à juin, les besoins en eau augmentent, entrainant des coupures d’eau dans certains centres urbains. Pour minimiser les désagréments liés à ce déficit pendant la saison de canicule qui s’annonce, l’Office Nationale de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA) a animé un point de presse ce vendredi 5 février 2016 à la Station de pompage de Ziga, où il a indiqué la situation actuelle de la desserte en eau sur l’ensemble des centres déficitaires, ainsi que les comportements à observer pendant cette période…

Ce vendredi matin dans le mini bus qui amenait les journalistes aux abords du barrage de Ziga, les sujets de discussion ne manquaient pas. Ça discutait presque de tout… Mais curieusement, la question de l’eau n’y était pas invitée, bien qu’ils soient conviés à une conférence de presse de la Nationale de l’eau. La raison était toute simple, car nous ne sommes pas encore dans la période chaude qui s’étend de mars à juin, et les coupures d’eau ne se font pas encore beaucoup sentir. Cependant, au niveau de l’ONEA, le sujet est permanemment dans les esprits et il faut se préparer pour faire face à la période de canicule.

18 centres en situation de déficit…

En effet, sur les 56 centres que gère l’ONEA, 18 sont en situation de déficit, parmi lesquels les centres de Gaoua, Tenkodogo, Ouahigouya, Koupéla, Pouytenga, Boulsa, Niangoloko, Zabré, Djibo, Boussé, Gourcy, Arbinda, Manga, Sapouy, Bogandé, Kongoussi, Fada N’Gourma et Ouagadougou. A titre illustratif, la capitale Ouagadougou, bien qu’elle soit approvisionnée par trois barrages (Ziga, Loumbila et Ouaga3) pour cette année 2016, devra connaître un déficit en eau qui s’établit à environ 29 000 m3/j, en temps normal, et à 47 000 m3/j. Outre cela, à Ouagadougou, environ une vingtaine de quartiers périphériques connaissent permanemment des baisses de pression, voire des coupures d’eau (voir la liste en encadré ci-dessous).

Pour atténuer les effets de ce déficit et soulager ainsi la souffrance de ses abonnés, la direction de l’ONEA a déjà prévu une série de mesures. C’est ainsi que pour le cas de Ouagadougou, il est prévu l’augmentation de la capacité de production de la station de Paspanga de 9 000 m3/j, la mise en service de 41 forages réhabilités avec un apport de 7 000 m3/j. Ces deux actions, de l’avis du directeur d’exploitation de l’ONEA, Lassina Sanou, vont permettre de réduire le déficit de 35%. A cela s’ajoutent l’organisation d’une distribution alternée pour s’assurer de l’équilibre de la desserte sur l’ensemble de la ville et, le déploiement de 18 équipes de dépannage qui vont travailler 24h/24 pour les réparations rapides des dysfonctionnements sur le réseau d’eau, afin d’éviter les pertes en eau. Par ailleurs, l’ONEA a établi un programme indicatif d’approvisionnement des zones difficiles et invite par conséquent les populations à observer ces plages horaires.

La première goutte d’eau de Ziga II attendue en juin 2017…

Outre ces mesures immédiates, la mise en œuvre du projet Ziga II permettra de satisfaire la demande de la ville capitale et de ses environs jusqu’à l’horizon 2030. Ce projet, dont la première goutte d’eau est attendue à Ouagadougou en juin 2017, fera passer la capacité de production de 164 000 à 344 000 m3/jour, soit un peu plus du double de la capacité actuelle. Au détour d’une visite guidée à la station de pompage, située à quelques encablures du barrage, les journalistes ont pu constater l’état d’avancement des travaux de construction de la nouvelle station de traitement qui produira à terme 7500 m3/h.

Pour ce qui concerne les autres villes déficitaires, la Nationale de l’Eau prévoit la création d’un centre de production d’eau à Bagré pour desservir la ville de Tenkodogo, et des localités environnantes, tandis que Ouahigouya sera connecté au barrage de Guitty, dont la mise en œuvre est attendue. Les villes de Koupéla, Pouytenga et Boulsa, elles, seront alimentées à partir du centre de production du barrage de Sanghin (à environ 50 km de Boulsa) dont les études sont en cours. La ville de Djibo, quant à elle, sera connectée au centre de production du barrage de Sè, situé à 15 km de ladite ville.

Ce qu’il faut éviter…

En plus des efforts qu’il consent de son côté durant la période de déficit pour satisfaire sa clientèle, l’Office Nationale de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA) recommande à ses abonnés un certain nombre de comportements à observer pendant la période de déficit, afin de minimiser les désagréments. Il s’agit, entre autres, de veiller à faire des réserves d’eau minimales nécessaires pour les besoins immédiats et, éviter ainsi les sur-stockages, éviter de garder les robinets ouverts pendant la période des coupures, puisque cela peut entrainer une augmentation de la facture, et, éviter les méthodes d’arrosage, de lavage de véhicules ou toute autre utilisation occasionnant des gaspillages d’eau…

Liste des secteurs périphériques de Ouaga concernés par la baisse de pression :

1. Ouaga 2000
2. La cité Song-Taaba
3. La zone haute du quartier Pissy (zone de radio Savane FM)
4. Le quartier Tampouy/Marcoussi
5. La zone de Bassinko (logements sociaux)
6. Le quartier Rimkiéta (cité)
7. La zone de la Pédiatrie Charles De Gaulle
8. La zone sud-ouest du SIAO (Kalgondin)
9. Le quartier Nagrin (Wapassi, Sonré)
10. Yagma (Sanctuaire marial, zone des déplacés)
11. Kamboinsé (coté lycée de l’alliance chrétienne)
12. Bang-pooré (logements sociaux)
13. Zagtouli
14. Zongo
15. 75e anniversaire (Kouritenga, Bonheur Ville)
16. Toudbwéogo
17. Toéyiibin
18. Zone industrielle de Kossodo
19. Tabtenga (Djikofè)
20. Pabré

Article écrit par Max Junior suite à la conférence de presse organisée par l’ONEA à Ziga le vendredi 5 février 2016